Kissidougou : des soupçons de corruption visent l’exécutif communal dans l’affaire du détournement présumé

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Alors que le procès sur le présumé détournement de plus de 300 millions de francs guinéens à la commune urbaine de Kissidougou se poursuit devant le Tribunal de Première Instance (TPI), une nouvelle révélation vient raviver les tensions et complexifier davantage ce dossier déjà explosif.
Selon plusieurs sources concordantes au sein du conseil communal, des membres influents de l’exécutif auraient tenté de corrompre au moins six conseillers parmi les dix siégeant actuellement dans la délégation spéciale. Chaque élu approché aurait reçu une proposition de 10 millions de francs guinéens en échange de son silence sur l’affaire.
Ces rencontres, qualifiées de « clandestines » par les conseillers concernés, se seraient déroulées entre le 13 et le 17 octobre 2025, directement aux domiciles des élus ciblés. Toujours selon ces mêmes sources, tous les conseillers approchés auraient refusé d’accepter cette offre jugée « illicite » et « compromettante ».
Des accusations balayées par l’exécutif communal
Interrogés, les membres de l’exécutif communal ont fermement rejeté ces allégations.
Le vice-président de l’exécutif parle d’« accusations imaginaires », tandis que le président de la délégation spéciale affirme avoir « entendu parler de la rumeur » mais ne pas être associé à une telle démarche.
Cette nouvelle révélation pourrait toutefois ouvrir une nouvelle piste d’enquête pour le tribunal, dans un dossier où les tensions ne cessent de grimper.
Une crise de gouvernance paralysante
Depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, la commune urbaine de Kissidougou n’a tenu qu’une seule session sur les quatre prévues, conséquence d’un profond manque de confiance entre les conseillers et l’exécutif communal.
Dans un mémorandum transmis aux autorités, les conseillers avaient demandé la suspension de l’exécutif, ainsi que le remplacement du secrétaire général et du receveur communal, déjà inculpés dans le cadre du dossier de détournement de deniers publics.
Malgré ces demandes et l’aveu en audience de certaines malversations financières par les mis en cause, les conseillers déplorent l’inaction persistante du MATD et de la DPATD de Kissidougou.
Pourtant, l’article 79 du Code révisé des collectivités locales stipule que tout élu inculpé de crimes ou délits peut être suspendu pour une durée maximale de trois mois.
Un verdict retardé… et l’incertitude grandit
Le délibéré dans cette affaire a été repoussé une première fois en raison de la mission d’un expert financier, chargé d’auditer les documents de la commune et de remettre son rapport au plus tard le 7 novembre 2025.
Le processus a été de nouveau perturbé par un vaste remaniement judiciaire. Le président du TPI de Kissidougou et le procureur ont été mutés respectivement à la Cour d’appel de Kankan et au tribunal pour enfants de Conakry.
En attendant la passation de service, une inquiétude grandissante traverse la société civile locale :
La nouvelle équipe judiciaire poursuivra-t-elle l’affaire avec la même rigueur ?
Affaire à suivre…

De Kissidougou, Aboubacar Sylla pour Guinee24plus.com.

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