Siguiri : la montée du FCFA plonge le marché de la viande dans une crise à l’approche du Ramadan

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Siguiri, Guinée – Depuis plusieurs semaines, les marchés de Siguiri sont confrontés à une crise sans précédent dans le secteur de la viande bovine. La montée du franc CFA et la baisse du pouvoir d’achat ont poussé de nombreux bouchers à arrêter d’immoler des bœufs, entraînant une rareté du produit sur les étals, au grand désarroi des consommateurs, alors que l’on s’approche du mois sacré du Ramadan, période de forte consommation de viande.
Selon des commerçants et des habitants interrogés dans la ville aurifère, les boucheries tournent au ralenti et les prix ont grimpé, rendant difficile l’accès à la viande pour de nombreuses familles. À Conakry, phénomène similaire, les marchés et boucheries sont presque vides et les prix ont explosé, certains kilogrammes étant proposés à des tarifs très élevés, impactant directement le quotidien des ménages guinéens.
Le mouvement d’arrêt des activités des bouchers fait suite à une montée généralisée du FCFA, qui a réduit le pouvoir d’achat des consommateurs et augmenté les coûts d’approvisionnement des acteurs de la filière. Des bouchers expliquent qu’ils ne peuvent plus s’approvisionner en bétail à des prix raisonnables, ni assurer les coûts liés à l’abattage, au transport et à la commercialisation.


La situation a des conséquences directes sur l’approvisionnement du marché local, où les étals de viande bovine restent de plus en plus déserts, laissant beaucoup de familles s’inquiéter pour leur capacité à s’approvisionner en viande pendant le Ramadan, période traditionnellement marquée par une demande accrue pour ce produit alimentaire essentiel.
Vers une rencontre entre autorités et acteurs du secteur
Face à cette sévère crise d’approvisionnement, les autorités locales annoncent qu’une rencontre est prévue avec les acteurs de la filière viande bouchers, marchands de bétail, représentants des éleveurs et responsables administratifs afin d’identifier les causes profondes de cette perturbation et de trouver des solutions concertées avant le début du Ramadan.
L’objectif affiché par les autorités est de permettre un dialogue constructif pour envisager des mesures visant à stabiliser les prix, garantir un approvisionnement suffisant et éviter que cette crise ne se transforme en crise sociale plus grave, notamment dans les villes comme Siguiri où l’économie familiale dépend encore fortement des denrées alimentaires de base.
Cette initiative fait écho à des mouvements similaires observés ailleurs en Guinée, où la raréfaction de la viande a déjà conduit à des rencontres entre acteurs publics et privés pour tenter de désamorcer les tensions sur le marché.
Conséquences pour les consommateurs
Pour les ménages, cette crise est déjà une réalité concrète : des restaurateurs, des familles et des petites échoppes se plaignent de ne plus trouver de viande, ou de devoir s’en passer, tandis que les prix continuent d’augmenter sur les marchés locaux. La perspective du Ramadan, période de jeûne mais aussi de festins en famille, intensifie l’inquiétude des populations, qui espèrent un accord rapide entre l’État et les acteurs de la filière pour que l’approvisionnement reprenne normalement.

Mohamed Condé pour Guinee24plus.com.

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