Situé au cœur de la préfecture aurifère de Siguiri, le village de Séourou continue de vivre dans une grande précarité, en dépit de la présence de la société minière Weily Mining, active dans l’exploitation de l’or à proximité de la localité. Les populations dénoncent l’absence criante d’infrastructures de base et le manque de retombées économiques liées à l’exploitation de leurs ressources naturelles.
Routes impraticables, pénurie d’eau potable, écoles délabrées et absence de centres de santé : le quotidien des habitants contraste fortement avec la richesse minérale de la zone. Une situation que déplore ouvertement le président du district de Séourou, Adama Keita, qui brise le silence.
« Nous assistons à l’extraction de l’or de nos terres, mais nos enfants continuent d’étudier dans des bâtiments délabrés et notre village manque de tout », confie-t-il, visiblement préoccupé par l’absence de bénéfices pour la communauté locale.

Depuis le début des activités de Weily Mining, qui a entamé l’extraction et l’exportation de l’or en 2024, les populations nourrissaient l’espoir de voir émerger des projets de développement communautaire. Mais sur le terrain, ces attentes demeurent largement insatisfaites.
Les habitants dénoncent notamment le manque d’investissements sociaux, alors que l’entreprise dispose d’importants moyens logistiques et humains pour ses opérations minières. L’absence de dispensaires, de forages d’eau potable et de pistes rurales aménagées alimente un sentiment d’injustice croissant.
Cette frustration s’inscrit dans un contexte régional déjà marqué par des tensions récurrentes entre communautés riveraines et sociétés minières. En octobre 2025, une manifestation violente contre les installations de Weily Mining à Niagassola, localité voisine, avait fait plusieurs morts et causé d’importants dégâts matériels, conduisant à l’interpellation de dizaines de personnes par les forces de sécurité.
Selon des témoignages recueillis sur place, les revendications vont bien au-delà des conditions de travail. Elles portent sur un partage plus équitable des richesses minières, la création d’emplois pour les jeunes, ainsi que la protection de l’environnement, face à la destruction des sols et à la pollution des cours d’eau.
Face à cette situation préoccupante, le président du district de Séourou appelle les autorités locales et nationales, ainsi que la société minière, à engager un dialogue franc et inclusif avec les communautés concernées.
« Il ne s’agit pas seulement de revendications ponctuelles ou de mouvements de colère. Il est question de justice sociale et de développement durable, afin que l’exploitation de nos ressources profite réellement aux populations locales », insiste Adama Keita.
Pour les habitants de Séourou, l’urgence est claire : voir enfin la richesse de leur sous-sol se traduire par une amélioration concrète de leurs conditions de vie.
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