Une tragédie a secoué tôt ce mardi le quartier Missira, dans la commune urbaine de Kankan. Un père de famille, Alpha Barry, a été retrouvé pendu à son domicile, dans des circonstances qui orientent les premiers constats vers un probable suicide. L’annonce a profondément bouleversé les habitants du quartier et la famille du défunt.
Un corps découvert à l’aube
Selon les témoignages recueillis sur place, ce sont des membres de la famille qui ont découvert la victime, suspendue par une corde dans la concession familiale. Les proches, sous le choc, ont immédiatement tenté de lui porter secours, mais il était déjà trop tard.

Aminata Barry, belle-sœur du défunt, raconte la scène avec émotion :
« Je me suis réveillée à l’aube et je l’ai vu pendu, la corde au cou. J’ai appelé les enfants pour venir voir l’état dans lequel leur oncle se trouvait. Ils se sont réveillés en sursaut et l’ont trouvé pendu. Immédiatement, ils ont coupé la corde et tenté de le faire réagir, mais il ne répondait plus. Ils ont ensuite transporté le corps dans une chambre en attendant l’arrivée des autorités. »
La victime laisse derrière elle six enfants, dont la première est déjà mariée. La famille se dit désemparée, affirmant qu’aucun signe annonciateur n’avait été perçu.
Une détresse silencieuse ?
Un voisin proche, interrogé après le drame, a évoqué un possible isolement vécu par le défunt. Celui-ci se serait souvent senti marginalisé au sein de sa propre famille, selon ses dires. Il aurait également exprimé à plusieurs reprises un profond malaise intérieur, sans toutefois que cela n’alerte suffisamment son entourage.
Ces éléments restent toutefois à confirmer, les autorités locales n’ayant pour l’instant communiqué aucune conclusion officielle.
Un drame qui interpelle sur la santé mentale

Ce nouveau cas relance une fois encore la question sensible de la santé mentale dans les familles guinéennes. Le sujet, encore largement tabou, reste souvent minimisé ou incompris dans les communautés, laissant de nombreuses personnes en détresse souffrir dans le silence.
Les spécialistes insistent sur l’importance d’une attention accrue aux signes de mal-être, mais aussi sur la nécessité de créer des espaces d’écoute au sein des familles et des quartiers.
Moussa Camara pour Guinee24plus.com


