La tension ne cesse de monter à Franwalia, localité située dans la préfecture de Siguiri, où la gestion de la commune fait l’objet de vives contestations. Accusée de détournement de fonds et d’opacité dans la gestion de ses comptes bancaires, la mairie se retrouve sous le feu des critiques de la société civile et de nombreux citoyens. Face à cette montée de pression, le président de la délégation spéciale, Ibrahima Camara, est sorti de son silence pour apporter des clarifications.
« Il n’y a ni détournement, ni gestion opaque » affirme Ibrahima Camara
Rencontré par notre rédaction, le président de la délégation spéciale de Franwalia a fermement rejeté les accusations de mauvaise gestion. Il reconnaît néanmoins l’existence de plusieurs comptes appartenant à la commune, mais assure qu’aucun détournement n’a été opéré.
« Je reconnais que la commune possède plusieurs comptes, mais il n’y a pas de détournement ni de gestion opaque. Je suis l’ordonnateur, mais il y a le receveur et le secrétaire général. Nous effectuons des mouvements dans les comptes, mais dire qu’il y a une gestion opaque ou un détournement, ce n’est pas vrai ,mon defaut je ne note pas les dépenses », a-t-il déclaré.
Selon lui, certaines dépenses, notamment l’achat de motos communales, ont été réalisées dans un contexte de tension interne :
« Nous avons effectué des achats de motos difficilement, car je n’avais pas ordonné. Ce n’est pas dans les prérogatives de la commune. J’ai même été forcé par les conseillers », s’est-il défendu.
Des comptes bancaires inconnus de plusieurs conseillers
D’après des informations recueillies sur place, la commune rurale de Franwalia dispose de plusieurs comptes bancaires, dont une partie serait méconnue par les conseillers et les organisations de la société civile. Parmi eux figurent :
Un compte à Afirl Bank contenant 253 millions GNFUn compte à la Société Générale des Banques en Guinée avec 74 millions GNF
Un compte au Crédit Rural doté de 125 millions GNF
Deux autres comptes au Crédit Rural dont les détails restent flous
Deux comptes à la Banque Centrale de Guinée, également peu documentés
Cette multiplicité de comptes, dont certains ne sont pas connus de l’ensemble des conseillers, alimente les soupçons d’opacité.
La société civile dénonce un manque total de transparence
La société civile locale, quant à elle, rejette les explications avancées par la mairie. Elle déplore une absence de communication et une gestion jugée hermétique.
Fanta Mamadi Kamissoko, présidente d’un regroupement citoyen de Franwalia, exprime une profonde frustration :« On ne comprend rien. Même les sessions de la commune, nous ne sommes pas informés. Il faut de la transparence dans la gestion, sinon rien n’est clair », a-t-elle déploré.
Les divergences entre les responsables municipaux et la société civile accentuent un climat de suspicion dans la localité. De nombreux citoyens réclament des explications détaillées sur la gestion des comptes, ainsi qu’une gouvernance participative et plus transparente.
En attendant des éclaircissements officiels et une éventuelle vérification des comptes, la confiance entre l’administration communale et la population semble plus fragilisée que jamais.
Moussa Gbérédou Condé Journaliste d’Investigation


