Guinée : L’intersyndicale FSPE–SNE rejette le protocole d’accord et confirme la poursuite de la grève

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Réunie ce mercredi après-midi à la Bourse du Travail, l’intersyndicale de l’Éducation composée de la Fédération Syndicale Professionnelle de l’Éducation (FSPE) et du Syndicat National de l’Éducation (SNE) a annoncé, dans une déclaration rendue publique, son rejet catégorique du protocole d’accord signé le 2 décembre entre le gouvernement et le Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée (SLECG) dirigé par Aboubacar Soumah.
Les deux organisations syndicales dénoncent un accord qu’elles qualifient de « non inclusif », « honteux » et « source de discorde », estimant que les véritables acteurs du mouvement de grève en cours ont été écartés des négociations.
Un « protocole illégitime » selon l’intersyndicale
Dans sa déclaration, l’intersyndicale FSPE–SNE affirme que l’accord signé par le gouvernement l’a été en compagnie du SLECG, mais aussi d’un « syndicat fantôme de l’Enseignement technique » dont elle conteste la représentativité.
Selon elle, cette structure ne serait ni membre de l’intersyndicale, ni partie prenante au mémorandum initialement déposé, et n’aurait jamais tenu de congrès permettant d’établir sa légitimité.
Les syndicats accusent par ailleurs le gouvernement d’avoir fait preuve d’un « amateurisme consternant », en engageant un accord avec des entités « qui n’ont ni déposé d’avis de grève, ni déclenché un mouvement de grève », et qui ne devraient donc pas pouvoir suspendre une action qu’elles n’ont pas initiée.


Une médiation jugée partiale
L’intersyndicale critique également l’équipe de médiation, accusée d’avoir pris parti au lieu de jouer le rôle de facilitateur neutre.
Elle estime que cette attitude a « trahi l’esprit même de la négociation » et contribué à l’impasse actuelle.
La grève reconduite « jusqu’à satisfaction totale »
Face à ce qu’elle considère comme une tentative de contournement, l’intersyndicale annonce que la grève générale et illimitée se poursuit, tant qu’aucune discussion sérieuse ne sera engagée autour de ses revendications principales :
la signature du statut particulier des personnels de l’Éducation,
l’engagement des enseignants contractuels communaux non retenus,
le déblocage et le paiement des arriérés de salaires et de primes,
le paiement de la prime de fonction aux cadres et responsables déconcentrés.
Les leaders des deux syndicats appellent les enseignants du pays à rester mobilisés et les invitent à considérer le protocole signé comme un « non-événement ».
Appel à l’arrêt des intimidations
L’intersyndicale demande aux autorités éducatives à tous les niveaux – Inspecteurs régionaux, Directeurs communaux et préfectoraux, DSEE, chefs d’établissements – de cesser immédiatement toute forme de pression sur les enseignants en grève.
Elle affirme que la lutte en cours concerne également leurs propres primes de fonction « injustement coupées ».
Message au SLECG et appel aux autorités
Dans un passage particulièrement incisif, la FSPE et le SNE invitent les dirigeants du SLECG à rejoindre la mobilisation « au risque de sortir par la petite porte de l’histoire ».
Elles déplorent la gestion gouvernementale de la crise et appellent désormais le Premier ministre et le Président de la République à intervenir pour débloquer la situation.
Les parents d’élèves sont, de leur côté, invités à garder leurs enfants à la maison jusqu’à nouvel ordre.
« La grève continue »
La déclaration se conclut sur un appel à l’unité syndicale et à la résistance :
« Si nous ratons cette occasion historique, nous aurons choisi de vivre éternellement dans la misère et la précarité. »
Elle rappelle aussi que seuls les secrétaires généraux de la FSPE et du SNE seraient habilités à suspendre ou lever le mot d’ordre de grève, après consultation de la base.

Laly Soumah pour Guinee24plus.com

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