Les pourparlers entre l’intersyndicale de l’éducation et le gouvernement guinéen se sont poursuivis hier, mardi 25 novembre 2025, à Conakry. Malgré une journée marathon de discussions, aucune avancée notable n’a été enregistrée sur le dossier brûlant des enseignants contractuels communaux non retenus, a annoncé Elhadj Mamadou Diaka Sow, leur porte-parole national.
Interrogé par un reporter de Guineematin.com, M. Sow n’a pas caché sa profonde déception face à l’impasse actuelle, redoutant des répercussions importantes sur le déroulement de l’année scolaire.
Une longue journée pour très peu de résultats
Selon le porte-parole, les débats ont été particulièrement laborieux.
« Les discussions d’hier n’ont pas été satisfaisantes. Tous les enseignants — contractuels communaux non retenus, contractuels de la zone spéciale de Conakry, fonctionnaires ou déjà retenus — sont déçus par cette longue journée d’attente au Ministère du Travail et de la Fonction publique », a-t-il déclaré.
La rencontre réunissait l’intersyndicale de l’éducation (FSPE, SLECG, SNE) et des représentants du gouvernement, sous la médiation du Conseil national du dialogue social (CNDS), présidé par Dr Alya Camara.
Les enseignants espéraient la signature de l’engagement des 4 000 contractuels communaux et des 1 700 de la zone spéciale de Conakry, ainsi que celle du statut particulier de l’éducation, attendu depuis 2006. « Mais malheureusement, tout s’est résumé à des aller-retour », regrette M. Sow.
Un statut particulier à peine effleuré
Les négociations se sont étalées de 14 h à tard dans la nuit, sans produire de résultats tangibles.
Sur les 119 articles du statut particulier de l’éducation, seuls six ont été examinés. « Ils n’ont même pas touché les autres points du mémorandum, qui en compte 11 et dont les priorités sont l’engagement des enseignants contractuels, l’adoption du statut particulier et le déblocage des salaires de fonctionnaires gelés depuis 2023 », déplore M. Sow.
Cette lenteur a provoqué une montée palpable de la frustration parmi les enseignants, menant à des tensions à la sortie des discussions. « À ce stade, tout responsable syndical qui recule sera désavoué par la base », prévient le porte-parole.
Une assemblée générale décisive est prévue ce jeudi 27 novembre 2025 à la Bourse du travail, où les enseignants — contractuels et fonctionnaires confondus — décideront de la suite à donner au mouvement.
Un risque de paralysie du système éducatif
La partie gouvernementale a proposé de reprendre les discussions vendredi, puis mardi. Mais pour les contractuels, cette stratégie s’apparente à une tactique dilatoire.
« L’État joue la montre pour nous faire perdre du temps jusqu’en janvier. Les enseignants ne peuvent plus attendre », insiste M. Sow.
Il rappelle également l’urgence d’un recrutement massif. Avec de nombreux départs à la retraite prévus fin 2025, le déficit pourrait passer de 18 000 à 30 000 enseignants.
« Le recrutement des contractuels est indispensable pour faire fonctionner l’école guinéenne. On ne peut pas parler de refondation sans ceux qui tiennent les classes », martèle-t-il.
Le Conseil national de la transition (CNT) lui-même aurait recommandé l’intégration des contractuels pour combler le vide éducatif croissant.
Laly Soumah pour Guinee24plus.com.


