Siguiri : Un jeune de 18 ans met fin à ses jours sous l’effet de la drogue et de la maladie mentale.

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Un drame s’est produit ce jeudi 20 novembre au quartier Kouroudako, dans la commune urbaine de Siguiri. Un jeune homme de 18 ans, Laye Solo Traoré, s’est donné la mort à l’aide du fusil de son père après s’être enfermé dans la douche familiale.

Selon les témoignages recueillis sur place, le père de la victime, Abou Traoré, encore bouleversé, a expliqué que son fils souffrait d’importants troubles mentaux aggravés par une consommation excessive de stupéfiants:« Mon fils s’est suicidé aujourd’hui avec un fusil, alors que je l’avais enfermé dans la douche de ma chambre. Il s’était enfui depuis plusieurs jours avant qu’on ne le retrouve. Par peur qu’il ne fasse du mal aux gens, j’ai décidé de l’enchaîner et de l’enfermer dans la douche », confie-t-il, en larmes.

Malgré ces mesures, Laye Solo serait parvenu à forcer la porte, avant de rejoindre la chambre de son père où se trouvait le fusil traditionnel utilisé pour son acte fatal: « Il a défoncé la porte et a pris mon fusil. Il s’est tiré dessus au niveau du cou, vers la tête », poursuit 

Alerté aux environs de midi, le médecin légiste Dr Abdoule Bachir Condé s’est rendu sur les lieux, accompagné du Commissaire central, Commandant Touré. Saisi de l’affaire, le procureur Ibrahima 1 Camara a ordonné l’ouverture d’une enquête pour élucider les circonstances exactes du drame.

Le médecin confirme que la victime présentait des signes graves de détresse psychique :« Selon les informations du père, le jeune consommait tout type de drogues de manière démesurée. Il errait dans les quartiers, dormait n’importe où et avait un comportement comparable à celui d’un malade mental. »

Avant son décès, Laye Solo aurait été retrouvé par des ouvriers dans un bâtiment inachevé appartenant à un certain Laye Fina, avant d’être ramené au domicile familial. C’est après ce retour qu’il aurait réussi à accéder à l’arme.

À l’issue des constatations, le procureur a autorisé la remise du corps à la famille pour inhumation.

Au-delà de la tragédie qui frappe la famille Traoré, ce suicide met en lumière un problème de santé publique grandissant dans la région : la consommation incontrôlée de stupéfiants chez les jeunes. De nombreux quartiers de Siguiri sont confrontés à une recrudescence de substances illicites, souvent accessibles à bas prix, qui entraînent dépendance, errance, violences et troubles mentaux sévères.

Face à ce fléau, les familles se retrouvent souvent démunies, sans accompagnement médical spécialisé ni structures de prise en charge adaptées. Plusieurs parents, comme Abou Traoré, tentent tant bien que mal de gérer seuls des situations psychologiques complexes, parfois au prix de décisions extrêmes dictées par la peur ou l’impuissance.

Les autorités sanitaires et judiciaires appellent régulièrement à renforcer la prévention, la sensibilisation et l’accès aux soins pour les personnes souffrant d’addiction. Les professionnels rappellent également l’importance d’un encadrement communautaire capable de détecter les signaux d’alerte et d’intervenir avant que l’irréparable ne se produise.

Mohamed Condé pour Guinee24plus.com

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